Tahina Ralitera, doctorante du LIM, lauréate de la bourse L'Oréal-UNESCO Femmes pour la Science

À la voir débarquer comme ça, souriante, d'une bonne humeur communicative et avide de partager son expérience, vous ne la classeriez pas d'emblée dans la catégorie des "Geeks". Vous ne devineriez pas non plus que, du haut de ses 24 ans, la jeune femme a déjà "sauté" la mer depuis son Madagascar natal pour rejoindre La Réunion, fini haut la main notre école d'ingénieur (ESIROI) et mené de front un Master 2 recherche et une première année de thèse en informatique. Aujourd'hui, les travaux de recherche de Tahina Ralitera, doctorante du laboratoire LIM, lui valent d'avoir obtenu la prestigieuse bourse L'Oréal-UNESCO Femmes pour la Science, soit 15 000 euros pour accompagner sa recherche. Remise solennelle ce mercredi 11 octobre à Paris.

Après avoir effectué trois années d'études d'ingénieur à Madagascar (école Polytechnique d'Antananarivo), Tahina Ralitera obtient une bourse d'excellence qui lui permet de poursuivre ses en informatique à l'ESIROI grâce à un accord de coopération entre l'Université de La Réunion et celle d'Antananarivo. En 2013, elle débarque dans notre belle île. Au cours de cette année en école d'ingénieur, elle fait partie d'un projet qui la mène vers le sujet de sa thèse actuelle : la création de logiciels de simulation informatique des déplacements.

Objectif "SMART CITY"

Ce projet lui donne l'envie de poursuivre encore ses études. Mais la jeune femme doit d'abord valider un Master recherche. Qu'importe. Elle obtient ce Master 2 tout en débutant sa thèse. Doctorante au Laboratoire d'informatique et de Mathématiques de l'Université de La Réunion, ses recherches visent à reproduire sur ordinateur le déplacement des véhicules électriques sur un territoire pour déterminer les emplacements optimaux des bornes de recharge électrique au niveau d'une ville (ou d'une île).


"Plusieurs scenarii sont testés, explique Tahina Ralitera. Les technologies de l'information et de la communication peuvent contribuer à améliorer les transports et la gestion des villes et des îles en les rendant plus "intelligentes". C'est le concept de "smart city". L'enjeu, c'est d'améliorer la vie des habitants en aidant l'écologie", précise la jeune chercheuse qui développe un logiciel informatique dédié.


15 000 euros grâce au Programme L’Oréal-UNESCO 

Sélectionnée entre 1000 participantes, Tahina Ralitera recevra une bourse L'Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science, d'un montant de 15 000 euros afin d'accompagner la suite de sa carrière, soutenir ses travaux de recherche et lui donner la visibilité qu'elle mérite. Depuis 10 ans, ce programme a pour objectif de valoriser et accompagner des jeunes doctorantes et post-doctorantes à un moment charnière de leur carrière professionnelle. Ces dernières reçoivent une bourse, mais également des formations à la prise de parole en public et à la vulgarisation scientifique pour les aider à terme à briser le "plafond de verre" (1) .

"Quand je l'ai appris, j'étais très fière, c'était l'explosion de joie... Je sautais partout !, confie la jeune femme. C'est d'autant plus important que la plupart des gens pense que l’informatique n’est pas une filière pour les filles. Quand on me voit on me dit que je ne ressemble pas à une geek. Moi, je ne sais pas ce que ça veut dire en fait... C'est un concept flou. Je ne me sens pas geek, je suis informaticienne, je suis normale et à ma place. Si j'ai un message à passer c'est que quand on aime quelque chose, on se donne les moyens pour réussir. Quand on aime les sciences, il ne faut pas se laisser parasiter par les préjugés".

Aujourd'hui, mercredi 11 octobre, en présence notamment de Marlène Schiappa, Secrétaire d'État auprès du Premier ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et d’Alexandra Palt, Directrice Générale de la Fondation L’Oréal, Tahina Ralitera fera partie des 20 doctorantes et 10 post-doctorantes à recevoir la prestigieuse bourse.

Au nom de l'ensemble de la communauté universitaire, nous félicitons chaleureusement notre doctorante et ne manquerons pas de lui faire honneur à son retour de Paris !

 

 


(1) Le plafond de verre (de l'anglais glass ceiling) est une expression apparue aux États-Unis à la fin des années 1970. Elle reprend une notion présente dans le film d'Elia Kazan, Le Mur invisible (1947). Elle s'est fait connaître en 1986 à la suite d'un article publié dans le Wall Street Journal ; elle désigne le fait que, dans une structure hiérarchique, les niveaux supérieurs ne sont pas accessibles à certaines catégories de personnes (Source : Wikipédia).