archives

Anne-Marie Blanc

Anne-Marie BLANC a été Directeur de la Bibliothèque Universitaire (SCD) pendant 15 ans.
Sa carrière dans les bibliothèques a commencé en 1965, par hasard, par un emploi de contractuel à la Bibliothèque Universitaire d’Abidjan. Quelques années plus tard, elle remplira, pour son premier poste de conservateur, à la Bibliothèque Universitaire Antilles-Guyane, les fonctions d’adjoint puis de directeur de la section Martinique, avant de rejoindre le Centre Georges Pompidou, où elle deviendra chef du service de la Salle d’Actualité de la Bibliothèque Publique d’Information pendant 13 ans.
En 1991, elle sera nommée Directeur de la Bibliothèque Universitaire de La Réunion où elle s’emploiera à faire de la bibliothèque universitaire « un outil crédible ». «Frondeuse impénitente pour la bonne cause », Anne Marie BLANC exercera son métier avec passion. A son départ, fin 2006, la fin du programme de construction sera la livraison de la bibliothèque de Sciences du Moufia et de celle du Tampon.

Votre icône ?

Le mot « icône » ne me parle pas mais, en revanche, ceux que j'appelle mes « auteurs de table de chevet » ont été et sont encore : Marc-Aurèle, Jean GUITTON, Maurice BELLET et Michel SERRES. Leur sagesse et leur tempérance sont le contrepoint nécessaire à la réactivité souvent impulsive qui m'anime.

Quel métier auriez-vous exercé si vous aviez été un homme ?

Je ne pense pas avoir agi comme une femme mais comme un professionnel. Ma vocation s’est construite sur un hasard et une opportunité.
Je n’ai pas d’idée précise sur le métier que j’aurais pu exercer mais certainement dans le secteur du développement économique en Afrique sub-saharienne car j’y avais vécu 23 ans depuis mon plus jeune âge.

Un nom commun épicène ?

Tout naturellement je pense à des noms de métiers se rapportant à l’information ou à la documentation (bibliothécaire, documentaliste, libraire) mais pour préciser ce que sous-entend cette question, je ne crois pas nécessaire de féminiser tous les noms de métiers. A mon avis et au risque de choquer les mouvements féministes, cela ne donne pas une valeur particulière à l'exercice d'une profession

Quel est votre moment le plus fort à l’université et votre plus grand regret ?

Le moment le plus fort, c’est l’ouverture en janvier 1995 de la première partie de la nouvelle bibliothèque de droit et des lettres car enfin l’université pouvait s’appuyer sur un espace et des outils documentaires répondant aux besoins de l’enseignement et de la recherche.
Plus qu’un regret c’est un sentiment d’injustice qui me vient à l’esprit par rapport au projet de mise en place d’une bibliothèque de l’entreprise su le site de la Technopole, projet rejeté en conseil d’administration en 2005 alors qu’il s’inscrivait dans un schéma de soutien au développement économique, en lien avec la mise en place sur le même site de l’incubateur et de la pépinière d’entreprises. Un rendez-vous manqué !

Les femmes à l’université, qu’est-ce que cela vous évoque ?

Le sérieux, le réalisme, l’investissement personnel, et aussi dans leurs rapports mutuels, plus de confiance et de connivence que de réserve pour mettre en œuvre ce qui était attendu, en somme, un état d’esprit de pionnières !
Dans les conseils, leurs ambitions orientées plus spontanément vers l'amélioration de la qualité et la crédibilité des engagements pris par l'université que vers la reconnaissance de leur propre parcours.

…et les hommes ?

Avec toujours une grande courtoisie et une patience apparente, selon les enjeux et les difficultés du moment, ils pouvaient se montrer de rudes adversaires mais s'ils accordaient leur confiance, de véritables partenaires.
Ils se soutenaient, presque instinctivement. C’était très vrai dans les conseils centraux. On ne pouvait parler de visée machiste mais de caractères, de tempéraments.

Un message pour les étudiant-e-s ?

Si vous êtes entrés à l'Université un peu par hasard, vous restez porteurs d'avenir. Ne cédez pas au découragement. Gardez en mémoire ce proverbe anglais : « Celui qui gagne est celui qui a la plus longue patience. »

Osez osez Joséphine… un rêve pour l’université ?

L’université n’est pas seulement une institution de formation et de recherche mais un acteur du développement économique et aussi un lieu d’échanges, d’ouverture et d’analyse sur les difficultés que traverse la société réunionnaise, apportant sa contribution à la réduction de la fracture sociale.