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Françoise Ringel

Françoise RINGEL a été Maître de conférences en droit privé de 1989 à 2005.

Nommée assistante à la Faculté de Droit et d’économie de la Réunion en 1972, elle y poursuivra sa carrière. Seule femme à enseigner le droit à la prise de ses fonctions, elle sera « l’âme de la section droit privé » dont elle prend la direction en 1993 tout en exerçant parallèlement son mandat de membre élu du Conseil de Faculté (1992-1998).

Surnommée le Général, elle s’investira dans le développement de la Faculté à une période charnière de celle-ci, marquée notamment par la création de diplômes de troisième cycle, restant membre de la Commission de spécialistes pendant plus de vingt ans, avant d’être élue au Conseil scientifique de l’Université.

Elle a incarné le droit de la famille pour des générations d’étudiant-e-s.

Votre icône ?


Je n’ai pas d’icône ou le hasard a été mon icône. Je voulais être avocate, « Prima donna » du Barreau bien sûr…Mais il se trouve qu’étant sortie major de mon DEA, j’ai été proposée pour être assistante. J’ai été séduite par le discours du Professeur préposé au recrutement qui m’a dit : « qui peut le plus peut le moins ; vous pourrez toujours utiliser le CAPA si la fonction ne vous intéresse pas...Tentez l’aventure… ». Autre obstacle, mon futur mari projetait une installation à l’île de la Réunion suite à un remplacement qui nous avait beaucoup plus. Qu’à cela ne tienne ! Un poste s’est libéré à l’Université qui m’a été attribué…

Quel métier auriez-vous exercé si vous aviez été un homme ?


Aucun. Fort heureusement, les choses ont évolué et il existe, aujourd’hui, peu de métiers essentiellement réservés aux hommes, basés surtout sur des critères physiques. Mais il n’y en a pas un qui me tente ou m’ait tenté un jour.

Un nom commun épicène ?


Artiste…ou camarade

Quel est votre moment le plus fort à l’université et votre plus grand regret ?


Moment fort : C’est incontestablement celui de la remise des « mélanges » écrits par mes collègues d’ici et de Métropole. C’est une distinction honorifique et affectueuse qui m’a particulièrement émue.

Regret : Pas de regret…peut-être celui d’être partie trop tôt de l’Université pour des raisons de santé et familiales.

Les femmes à l’Université, qu’est-ce que cela vous évoque ?


Il y a eu une « escalade » fantastique de l’arrivée des femmes à l’Université. J’y vois un symbole d’une égalité des sexes qui s’imposait à l’évidence, à la Faculté surtout où la minorité féminine était flagrante. Je souhaite bien sûr que cette évolution perdure à l’avenir.

…et les hommes ?


Les hommes doivent accepter (avec le sourire) cette réalité. Pour moi, la place des hommes à l’Université doit être strictement identique à celle de leurs collègues féminines. A la fois sur le plan professionnel que sur le plan relationnel sans pour autant qu’il y ait parité. Que « le » ou « la » meilleur(e) soit recruté(e) !

Un message pour les étudiant-e-s ?


Que les étudiant-e-s suivent la fulgurante ascension de notre Université !

Osez osez Joséphine…Un rêve pour l’université ?


Que notre Université soit citée comme un modèle au même titre que certaines grandes Universités métropolitaines.