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Marinette Thébault

Marinette THEBAULT a occupé les fonctions de Maître de conférences en Sciences de Gestion à l’IAE pendant huit ans. 

Après douze années passées en entreprise, elle rejoint l’Université de La Réunion, où elle collaborera bénévolement avec Michel BOYER en 1993 sur le projet d’une « Université sans mur » pour l’océan Indien.
Recrutée en 2000 sur un poste de Maître de conférences, elle participera à la création de l’IUP Tourisme et construira un programme de mobilité pour l’IAE en tissant des partenariats et en développant des échanges avec des universités étrangères (Allemagne, Afrique du Sud, Canada, Etats-Unis), ainsi qu’avec l’industrie hôtelière internationale au travers de chaînes anglaise et mauricienne.
Membre élu de la Commission de spécialistes 6ème section de 2000 à 2008, elle a été également membre du Conseil Scientifique de l’Université de La Réunion.


Votre icône ?

Je ne suis pas une idéaliste. Les hommes et femmes ont une face blanche et une plus sombre forcément. Si j’ai été influencée dans mon parcours, c’est peut être par l’effet de mes choix de lecture qui me transportaient ailleurs ou dans d’autres époques : Pearl Buck et son « Vent d’est, vent d’ouest », par exemple.
Aujourd’hui, je citerai Nelson MANDELA, Simone WEIL. Ce sont pas des icônes pour moi mais des personnes qui forcent mon admiration par leur courage et leur ténacité.

Quel métier auriez-vous exercé si vous aviez été un homme ?

Je ne me suis jamais positionnée en tant qu’homme ou femme, mais plutôt du point de vue de mes compétences pour exercer un métier à un moment donné. Ainsi, j’ai été responsable administrative et financière sur des chantiers de bâtiment en Irak en 1982/84 pendant la guerre avec l’Iran.

Un nom commun épicène ?

Cadre

Quel est votre moment le plus fort à l’université et votre plus grand regret ?

Le moment le plus fort : ma soutenance de thèse en 1999 qui a été un moment émotionnellement fort à la fois d’un point de vue personnel et collectif, car nous étions plusieurs à devoir soutenir dans un laps de temps rapide. C’était un challenge collectif ! L’IAE se développait.

Mon plus grand regret : des regrets ponctuels. L’IAE a connu il y a plusieurs années une période de conflit inscrit dans un conflit universitaire plus large. J’ai eu le regret de constater que les universitaires, selon moi des intellectuels censés prendre du recul, sont finalement des êtres humains comme ceux que l’on retrouve partout.

Les femmes à l’université, qu’est-ce que cela vous évoque ?

Sans réfléchir, beaucoup d’administratives car elles sont les piliers, supports de l’institution. Ce sont des personnes ressources, synonymes de stabilité, d’engagement, de compétences.
Il n’y a pas pour moi de différences entre les femmes et les hommes au niveau des universitaires, si ce n’est des personnalités. C’est un privilège par rapport au monde de l’entreprise, où existent des différences de salaires hommes – femmes et un nombre très réduit de femmes dans des postes à haute responsabilité.
Dans le monde étudiant, ce sont souvent les filles qui ont les meilleures notes et pourtant ce sont les femmes qui connaissent le fameux plafond de verre.

…et les hommes ?

Le goût du pouvoir est partagé tant par les hommes que par les femmes.
S’il existe des différences dans les postes occupés, les hommes étant plus représentés que les femmes dans les postes à haute responsabilité, cela tient surtout aux mentalités.

Un message pour les étudiant-e-s ?

Profiter de leurs années à l’université pour se former en se passionnant pour ce qu’ils sont venus chercher à l’Université !
Prendre un maximum d’informations et de contacts car l’université est ouverte sur le monde.

Osez osez Joséphine…un rêve pour l’université ?

Un double rêve :
- que l’université prenne sa place dans le monde économique, ce qui passe par une meilleure compréhension entre le monde de l’entreprise et celui de l’université et une reconnaissance mutuelle de ce que chacun apporte
- qu’au sein de l’université, toutes les responsabilités soient valorisées et notamment que soient reconnus les trois métiers de l’enseignant-chercheur : enseigner, faire de la recherche et faire fonctionner l’institution.