Coronavirus : des mutations récurrentes mises en lumière par l'University College de Londres et l'Université de La Réunion

Une étude menée par l’University College de Londres et à laquelle l’Université de La Réunion a été associée (via l’unité mixte de recherche PVBMT[1]) a analysé les génomes du SARS-CoV-2 prélevé sur plus de 7500 personnes infectées par ce virus. L'étude menée a mis en évidence environ 200 mutations récurrentes.

 

L'University College de Londres (UCL) est une prestigieuse université britannique, la plus ancienne de Londres. Dans une étude publiée début mai, des chercheurs de l'UCL, en partenariat avec l’université d’Oxford, l’Imperial College de Londres, le CIRAD et l'Université de La Réunion (à travers le laboratoire PVBMT), proposent une analyse de la diversité génétique de plus de 7500 génomes viraux. La compréhension de l’évolution génomique du SARS-CoV-2 est une étape utile à l’élaboration de traitements et de vaccins.

Le Professeur François Balloux de l'Institut Génétique de l'UCL explique : "Tous les virus mutent naturellement. Les mutations ne sont pas une mauvaise chose en soi, et rien n'indique que le SARS-CoV-2 mute plus vite ou moins vite que prévu. Pour le moment, nous ne pouvons pas affirmer qu'il deviendra plus ou moins mortel ou contagieux".

Ces petits changements génétiques, ou mutations, ne sont pas distribués équitablement sur l'ensemble du génome du virus. Les parties du génome ayant connu très peu de mutations seraient, selon les chercheurs, les meilleures cibles pour les éventuels traitements ou pour servir le développement d'un vaccin.

"Le risque majeur dans la lutte contre un virus c’est que le vaccin ou le traitement ne soit plus efficace lorsque le virus a muté Si nous concentrons nos efforts sur les parties du virus qui sont les moins susceptibles de muter, nous aurons de meilleures chances de développer des médicaments efficaces sur le long terme", ajoute le Professeur Balloux.

L'Université de La Réunion et le Cirad se félicitent d'avoir pu s'associer à cette étude prestigieuse. Celle-ci est un nouvel exemple de la mobilisation de la « task force » réunionnaise regroupant, outre les équipes du PVBMT, celles de trois autres unités de recherche de l’Université de La Réunion (DéTROI[2], EPI[3] et PIMIT[4]) ainsi que du CHU. Cette « task force » reste mobilisée localement, nationalement et internationalement pour trouver des solutions en termes de dépistage ou de traitement à la crise sanitaire actuelle.

 

Le lien vers le communiqué : https://www.eurekalert.org/pub_releases/2020-05/ucl-mis050520.php

 


[1]Peuplements végétaux et bioagresseurs en milieu tropical, unité mixte de recherche Cirad / Université de La Réunion

[2]Diabète athérothrombose thérapies Réunion océan Indien (INSERM / Université de La Réunion)

[3]Etudes pharmaco-immunologiques

[4]Processus Infectieux en Milieu Insulaire Tropical (INSERM/Université de La Réunion)